Voici en quelques lignes l’histoire de ce projet qui a déjà plus de dix ans.

2011 – 2013, l’émergence d’une idée
Tout commence en 2011, au milieu de l’océan Indien. Les Ceméa Réunion, en partenariat avec la ville de Saint-Joseph et une poignée de militant·es du logiciel libre, organisent les premières Rencontres mondiales du logiciel libre décentralisées (RMLLd). Ces rencontres sont une sorte d’université populaire où défenseurs·euses d’un numérique éthique et responsable se retrouvent, échangent, et permettent au grand public de découvrir et de se former à cet univers.
Devant le succès de cette première édition, une seconde est organisée en 2013, avec plusieurs journées dédiées au monde associatif. Le constat de ces journées : beaucoup d’envie, beaucoup de logiciels disponibles et pertinents, mais une offre éclatée et parfois complexe à mettre en œuvre.
Un tout petit groupe d’intervenant·es et de militant·es se prend à rêver d’un outil qui répondrait à certains besoins des structures associatives. Dans un échange de mails de l’époque, on retrouve cette liste « de vœux » :
- avoir son propre nom de domaine (comme @educpop.re)
- pouvoir gérer ses adresses mail et ses listes de diffusion
- administrer un site web
- avoir des agendas partagés utilisables sur smartphone
- utiliser un gestionnaire d’adhérents et de comptabilité
- proposer un outil de gestion de ressources (matériel partagé à emprunter)
- utiliser un outil de visio-conférence
- héberger des petits services comme chez Framasoft (framapad, framadate…)
- proposer des partages de fichiers
- et pourquoi pas intégrer un réseau social éthique ?

2013 – 2015 : le « Bertel » fait son petit bout de chemin
L’idée évolue petit à petit, de tentatives en tentatives, en fonction de la disponibilité des un·es et des autres. Elle ira même jusqu’à se trouver un nom : le Bertel numérique. Le bertel est un sac à dos très plat, tressé en fibres de vacoa, dans lequel les coupeurs de canne à sucre rangent souvent leur sabre. Mais faute de temps et de financement pour le développement, rien n’est publiable ou réellement exploitable.
2015 : une expression des besoins d’un réseau d’associations
- gérer facilement des comptes et des adresses e-mail partagées
- pouvoir partager des agendas et des contacts (parfois plus de 10 000 contacts)
- avoir une solution de stockage de documents partagés et modifiables en ligne
- intégrer une solution de visio-conférence
Mithril, le prestataire opportun
Le projet trouve auprès de Mithril Informatique, à La Réunion, le partenaire technique capable de l’héberger et de le faire vivre.

2016, la première livraison
En 2016, la version proposée est baptisée Zourit — une espèce de pieuvre endémique de La Réunion —, est disponible et livrée.

Une mise en place progressive aux Ceméa
Après des jours et des nuits de test, en mars 2017, c’est le déploiement progressif dans les associations des Ceméa, chacune à son rythme. Pour l’anecdote, la première association à migrer est celle de Mayotte, suivie quelques heures plus tard par l’association nationale. Puis viendront d’autres associations, chacune à son rythme, sans contrainte.

2019, une volonté de partager
Deux ans après sa mise en route, les Ceméa prennent conscience d’un nouveau besoin : les structures plus modestes n’ont pas les moyens de louer des serveurs ni d’administrer un Zourit elles-mêmes. La décision est prise de leur proposer un environnement Zourit parallèle à celui des Ceméa : Zourit.net.
Cette proposition se concrétise fin 2019 sous la forme d’un forfait modique pour accueillir leurs données. Les Ceméa assurent les frais de maintenance, le support technique, l’assistance et les formations : c’est ce modèle économique qui soutient une offre à bas prix.
2019, c’est aussi la structuration du collectif d’hébergeurs éthiques CHATONS, à l’initiative de Framasoft. L’offre Zourit.net s’y inscrit : chatons.org/chatons/zouritnet. Une refonte visuelle de l’interface Zourit et de ses outils est opérée.

- Ajout d’un outil de liste de diffusion « Sympa » pour les newsletters et les groupes de discussion
- Changement d’outil de Cloud : passage de Owncloud à Nextcloud
- Refonte de l’interface d’administration de gestion des comptes, plus accessible
- Intégration d’un outil de ticketing
2020, un certain COVID
- Un site internet dédié pour le projet : zourit.net
- Une assistance en visio pour les nouvelles structures
- Des tutoriels vidéo : videos.cemea.org/c/zourit/videos
- Un site de documentation collaborative : doc.zourit.net
2022, amélioration des fonctionnalités
- Intégration d’un annuaire de liens favoris personnels et partagés : mes liens, nos liens
- Intégration de mémos pour gérer des post-its partagés
- Intégration d’un outil de suivi de la comptabilité avec Garradin, devenu Paheko
- Création d’un petit outil de sondage
- Mise à jour des outils existants
Janvier 2024, une nouvelle (r)évolution
- Personnalisation de la page d’accueil avec différents thèmes proposés
- Intégration d’une solution de valorisation du bénévolat : Bénévalibre
- Mise à jour de Garradin en Paheko
- Remplacement de la solution de visio Jitsi par BigBlueButton, plus fiable, avec gestion des enregistrements intégrée en 2025

Des Café-Zourit mensuels
Chaque mois, un webinaire d’une heure pour découvrir une pratique ou un outil : s’inscrire aux Cafés Zourit.
2026, Zourit en chiffres
- Environ 2 000 modifications du code du projet, librement accessible et copiable
- 240 structures utilisent Zourit
- 30 000 Go de données réservées
- 7 800 comptes utilisateurs·rices
- Plus de 20 cafés Zourit organisés depuis 2024
- Et une longue série de contributeur·rices qui participent aux tests, à la documentation et aux formations
Et demain ?
Avant d’être une solution technique, Zourit est une proposition de réponse à un problème politique : celui de notre capacité à choisir nos outils numériques, leur gouvernance, et à ne pas subir les modèles imposés par les géants états-uniens.
Zourit est en perpétuelle évolution et continuera de proposer des évolutions majeures tous les deux ans environ. C’est pourquoi nous organisons un grand événement autour des dix ans du projet en 2027, pour faire se rencontrer les acteur·rices de Zourit et mutualiser ressources et pratiques.
Un besoin, une question ? Nous contacter.